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Les centres de données, entre folle croissance et débat énergétique

Alors que les centres de données se multiplient dans le monde, des questions sur la capacité d’alimentation énergétique des pays et leur impact écologique se soulèvent.

Centres de données

Les centres de données, véritables gourmands énergétiques

Les besoins en IA, plateformes de streaming, serveurs et stockage de données ont considérablement augmenté ces dernières années, tout comme les centres de données qui les hébergent. Alors qu’ils représentaient déjà 250 TWh de la consommation mondiale d’électricité en 2020, leur part est passée à 415 TWh aujourd’hui soit un peu moins l’équivalent de la consommation électrique française en 2024 (449,2 TWh) et devrait atteindre les 945 TWh en 2030.

Un presque quadruplement en 10 ans qui suscite des questions sur la capacité d’alimentation des pays. En effet, bien que la production mondiale d’électricité tende à augmenter pour les prochaines années, elle ne croît pas aussi vite que la demande en énergie des serveurs. Plusieurs mises en pause, reports de lancement ou arrêts ont pu avoir lieu dans quelques pays comme l’Irlande et l’Allemagne en raison des limites de disponibilités énergétiques. Les pays investissent alors en grande partie dans les moyens de production afin de pouvoir répondre à cette demande croissante.

Un impact environnemental non négligeable

Si l’empreinte carbone des centres de données tournait autour de 1% des émissions de gaz à effet de serre en 2022, elle serait désormais près de 3-4%, soit une augmentation considérable. En cause, les émissions directes (émissions des générateurs, systèmes de refroidissements) et indirectes (émissions dues à la production d’énergie pour alimenter les serveurs et les systèmes de températures).

En France, les derniers chiffres publiés par l’ADEME datent de 2022 et ne prennent donc pas en compte le boom de ces trois dernières années. Pour autant, elles représentaient déjà 46% de l’empreinte du numérique français (29,5 MtCO2, soit 4.4% de l’empreinte carbone nationale).

Autre point écologique important, la reprise des énergies fossiles pour pouvoir répondre à cette nouvelle demande énergétique. En effet, bien que les pays investissent dans de nouvelles infrastructures énergétiques, leur construction peut prendre entre quelques mois à plusieurs années et ne peut répondre donc à ce besoin direct. C’est pourquoi les pays, comme les États-Unis, choisissent de rouvrir des centrales à charbon et à gaz, pourtant forts émetteurs de gaz à effet de serre. Des projets de relance de centrales nucléaires abandonnées, bien moins émettrices, sont envisagés, mais leur mise en œuvre demande du temps.

L’Hexagone, territoire d’opportunités

La France est une zone attractive pour les investissements et la construction de nouvelles infrastructures. En effet, l’excellente production d’énergie française, majoritairement issue d’énergies bas carbone, et le soutien de l’État aux projets d’IA et de centres de données, sont de véritables atouts.

Lors du sommet Choose France – Édition France, le 17 novembre 2025, plusieurs entreprises comme Eclairion et Sesterce ont annoncé leurs investissements dans l’amélioration et la construction de centres de données. La palme revient à Opcore, filiale du groupe Iliad, qui a annoncé 4 milliards d’euros, la somme record de l’événement, dans la création d’un data center de plusieurs centaines de mégawatts en Île-de-France.

Le pays est donc plutôt bien avancé dans le développement des centres de données sur son territoire et occupe d’ailleurs la 3ème place sur le classement des pays européens, avec un total de 321 installations, derrière ses voisins anglais (499) et allemands (487).

Par ailleurs, la récente baisse des prix de l’électricité sur les marchés de gros, plaçant la France en situation plus favorable que l’Allemagne, l’Espagne, l’Angleterre et l’Italie, peut amplifier l’intérêt d’une installation dans l’hexagone.

Il est toutefois confronté aux mêmes défis énergétiques : RTE a prévu un triplement de la consommation d’électricité des centres d’ici 2035, soit un équivalent de 4% (28TWh) de la consommation nationale.

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